HISTOIRE

L’origine de la propriété

Sous l’Empire, Jean-Baptiste de Gorguette d’Argœuves, ancien capitaine de dragons au régiment de Chartres, résolut de remplacer sa demeure familiale qui venait d’être détruite par un incendie par un édifice, semble-t-il plus modeste, de goût moderne.

Même s’il n’a pas été retrouvé de trace de l’ancien édifice, il est certain qu’il en existait un à l’emplacement du bâtiment actuel.

Il faut noter que la famille de Gorguette d’Argœuves est une famille qui n’est pas éteinte et est encore présente dans la région des Hauts-de-France.

Pierre Auguste Dejean

Né le 10 août 1780 à Amiens – mort le 17 mars 1845 à Paris, militaire français, général dans les armées du Premier Empire, il devint entomologiste après la fin de sa carrière militaire. Grand spécialiste des coléoptères et plus particulièrement des Carabidae, il assemble la plus grande collection privée jamais réalisée. On trouve aujourd’hui, dans plusieurs musées, dont celui de Paris, des parties de la collection originelle.

La construction du château

Après la destruction de sa demeure par l’incendie, Jean-Baptiste de Gorguette d’Argœuves décida d’entreprendre des travaux pour réaliser un édifice de goût moderne : le château tel que nous le connaissons a été construit en 1809, année de la guerre franco-autrichienne lorsque Napoléon pris Vienne en Autriche.
Son ami Pierre Auguste Dejean dessina les plans de cette architecture ; il était également colonel des dragons puis lieutenant-général et aide de camp de l’empereur.

Pierre Auguste Dejean, qui est donc considéré comme l’architecte du château d’Argœuves, était un homme avec de nombreuses passions dont celle des coléoptères : il en a collectionné jusqu’à 20 000 espèces.
Lorsqu’on regarde cet édifice, on se croirait devant l’œuvre de l’architecte Pierre Rousseau ou d’un de ses élèves. Le château d’Argœuves est une construction néo-classique du début du XIXe siècle, le style néo-classique étant un héritage gréco-romain revisité par la Renaissance.
Les premières dépendances, que sont le pigeonnier et la serre, ont été édifiées à la même période.
Jean Baptiste de Gorguette restait cependant d’une fortune modeste et fut définitivement ruiné par de trop grandes spéculations agricoles.
Il proposa à son cousin, Adrien de Cornet d’Hunval, de racheter la demeure : celui-ci accepta et décida d’y adjoindre deux pavillons encadrant la façade d’arrivée du château.
Adrien Cornet d’Hunval était un chasseur qui n’hésitait pas à étendre sa passion sur des terres qui ne lui appartenaient pas ; il devait payer des amendes de temps à autre. Cependant, il entretenait de bonnes relations avec le maire d’Argœuves.

Les différents propriétaires

Lorsque le château fut remis en vente au milieu du XIXe siècle, ce fut Albert Dauphin qui l’acquit en 1867. Il était un magistrat républicain modéré, maire d’Amiens, Président du Conseil Général de 1873 à 1879, sénateur de 1882 à 1898 et Président de la Société des Agriculteurs de la Somme.

Albert Dauphin a ajouté de nombreuses dépendances.
A sa mort, sa veuve mit le domaine en vente qui fut acquis en 1901 par la famille de l’actuel propriétaire.

Le Blason de la ville d’Argœuves

« D’argent à la hure de sanglier de sable, allumée et défendue du champ, accompagnée de trois croissants de gueules ».

Ce blason est copié de la famille Gorguette, dont l’histoire se confond avec celle du village qu’elle habita du XVIIe siècle au Second Empire, au point qu’elle en changea son nom en De Gorguette d’Argoeuves, toujours existante.

1687

Jean GORGUETTE, seigneur de Bus-Les-Marles, premier seigneur du lieu par son mariage avec Françoise Eudel, fille de François Eudel, seigneur en 1652.

5 novembre 1777

Naissance d’Adrien CORNET d’HUNVAL à Amiens

10 août 1790

Naissance de Pierre Auguste DEJEAN à Amiens.

18 mai 1804

Date de la proclamation du Premier Empire.
Destruction de la demeure de Jean-Baptiste de GORGUETTE d’ARGOEUVES par un incendie sous le Premier Empire.

1809

Construction du château d’ARGOEUVES sur les plans dessinés par Pierre Auguste DEJEAN.
Edification des premières dépendances à la même période : le pigeonnier et la serre.
Jean-Baptiste de GORGUETTE d’ARGOEUVES, ruiné, cède son domaine à son cousin Adrien CORNET d’HUNVAL.

Après 1810

Adjonction des deux pavillons encadrant la façade d’arrivée du château par Adrien CORNET d’HUNVAL.

1867

Acquisition du château par Albert DAUPHIN. Il ajoute de nombreuses dépendances au château.

1918

Construction d’une ligne défensive par les anglais passant par Argoeuves.
Un bunker témoigne de cette époque. Ces équipements ne sont pas utilisés pour les combats