Le pigeonnier du XIXe siècle

Au milieu du XVIIIe siècle, les rapports des intendants envoyés à Versailles recensent à peu près 40 000 pigeonniers sur toute l’étendue du royaume. Ce chiffre ramené au nombre de paroisses ne correspond qu’à un peu plus d’un pigeonnier par commune. Les plus anciens pigeonniers se situent dans des ensembles de bâtiments appartenant à des aristocrates ou sur leurs terres : à cette époque, la possession d’un pigeonnier reste encore un privilège. Néanmoins l’immense majorité de ces constructions date du XIXe siècle, comme celui d’Argœuves.

La base est décorée d’une frise métallique dentelée dans sa partie haute et supporte une petite tourelle surmontée d’un toit de forme conique, les deux éléments étant recouverts de tôles en fer et décorés de frises. Ces dernières semblent être actuellement les éléments du pigeonnier les plus atteints par le temps. A l’origine, le privilège réservé au seigneur repose sur un constat : le pigeon ravage les semailles. Pour limiter le nombre de pigeons, on décide d’attribuer seulement au seigneur le droit de construire un colombier. Celui-ci possédait des pigeons dont le nombre était en rapport avec la quantité de terres qu’il possédait. Le pigeonnier permettait donc d’avoir un aperçu de la richesse du seigneur.