Armand de Gorguette d’Argoeuves

Grand père de Louis d’Argoeuves – 1978

Atteint comme sa sœur de Brois de la maladie de bâtir, le comte d’Argoeuves songeait à reconstruire à Argoeuves le château partiellement détruit par deux incendies successifs. Il pourrait ainsi s’assurer une résidence correspondant au rang qu’il voulait tenir et jouir d’une propriété à la campagne plus agréable en été que l’hôtel des Augustins. Mais, s’il avait des idées, il ignorait totalement l’art de bâtir : aussi fit il appel cette fois encore appel à son vieil ami Dejean.

Ayant des loisirs, ce dernier se rappelant son ancienne activité sous la royauté au sien du Génie, se proposa pour dessiner les plans du nouveau château d’Argoeuves Il avait du goût et le montra : le charmant petit manoir qu’il conçût dans le style de la fin du siècle passé, embellit encore de nos jours le paysage ingrat de la vallée de la Somme en aval d’Amiens.

Cette « folie » coûta fort cher à son propriétaire le comte d’Argoeuves, dont l’économie n’était pas la qualité dominante, si bien que, quatre ans plus tard, presque ruiné, il devra la vendre … au général Dejean. »

Armand d’Argoeuves (1787-1880) se maria avec Eugénie de la Forge (1783-1878). Ils eurent 3 enfants : Armandine (1809-1895) qui épousa Eugène Cornet d’Yzeux, Eugène (1811-1830) et Alfred (1814-1906) qui épousa Ernestine d’Assignies puis Elisa de Buren.

Pierre Marie Auguste Dejean

(1740-1845) est nommé général de division à l’âge de 30 ans et fait baron d’Empire en 1808.

Il peut être considéré comme picard d’adoption par ca carrière, son mariage, ses attaches matérielles : ingénieur en chef dans la généralité d’Amiens de 1789 à 1791, il commande en second la garde nationale de la Somme, devient membre de l’assemblée du département puis inspecteur général des fortifications. Ministre de l’administration de la guerre de 1802 à 1809 puis sénateur et président du collège électoral de la Somme, il bâtit le château d’Argoeuves, s’intéresse de près aux propriétés qu’il acquiert dans le Vimeu et entretient d’excellents rapports avec les nobles de l’ancien régime, ralliés ou non, qui l’accueillent d’autant plus facilement qu’il avait épousé, dès avant la Révolution, la sœur de Pascal le Boucher de Richemont, l’ancien mayeur d’Abbeville… Dès le milieu du règne de Louis Philippe, certains nobles se font collectionneurs : au long des campagnes de l’Empire, le général comte Dejean et le comte Chauvenet avaient déjà rassemblé plusieurs milliers de coléoptères et d’insectes.

Adrien Cornet d’Hunval

Des descendants de bourgeois anoblis qui disposent de puissants moyens financiers manifestent de plus gros appétits fonciers. Cet héritier d’une longue lignée de négociants amiénois anoblis en 1816 se porte acquéreur de 119ha pour 206 000 francs… Sous le règne de Louis Philippe et pendant les années fastes du Second Empire, Cornet d’Hunval se ruine au jeu et en spéculations hasardeuses : les héritiers de l’ancien négociant amiénois sont contraints en 1867 de vendre leur château d’Argoeuves à Albert Dauphin, futur chef de file des républicains modérés de la Somme puis de lui aliéner l’ensemble de leur domaine.

Albert Dauphin

Né le 26 août 1827 et mort le 14 novembre 1898 à Amiens, il fut un homme politique français.

Ayant fait des études de droit, Albert Dauphin devint avocat au barreau d’Amiens où il assit sa réputation. Il fut bâtonnier de l’ordre des avocats du barreau d’Amiens, puis procureur général près la Cour d’Appel de Paris de 1879 à 1882 puis premier président de la Cour d’Appel d’Amiens en 1882.

De conviction républicaine modérée voire conservatrice, Albert Dauphin embrassa la carrière en devenant maire d’Amiens de 1868 à 1873. De mars à juillet 1871, il fut préfet de la Somme.
Il fut conseiller général du canton d’Amiens sud-Est de 1871 à 1889 et conseiller général du canton d’Oisemont de 1892 à 1898. Il exerça les fonctions de président du Conseil général de la Somme de 1873 à 1889 et de 1892 à 1898.

Élu député de la Somme en 1872, il démissionna quasi immédiatement et devint Président du Conseil général de la Somme.

Devenu sénateur de la Somme du 30 janvier 1876 au 14 novembre 1898, il siégea au Sénat au centre gauche. Il fut rapporteur de nombreux textes financiers (tarifs douaniers, budget…), d’organisation des protectorats d’Annam et du Tonkin, sur les droits des enfants naturels dans les successions parentales…).

Nommé Ministre des Finances du 11 décembre 1886 au 29 mai 1887 dans le Gouvernement René Goblet, il fut l’artisan du premier débat sur l’impôt sur le revenu qui fut repoussé à la quasi-unanimité en 1887.